
Quelques années après son dernier passage en France, Mogwai revient fouler les planches parisiennes pour présenter son dernier album : The Bad Fire. Retour sur un show spectaculaire non pas par les images mais bien par la musique.
Pour entamer la soirée, c’est à leur compatriote écossaise KATHRYN JOSEPH, que la tête d’affiche a fait appel. Accompagnée seulement de son clavier Crumar et d’une grosse caisse pour taper le rythme, l’auteure-compositrice plonge l’auditoire dans son univers à la fois doux et surréaliste. Les notes du piano se mêlent agréablement à sa voix, qui évoque parfois celles de Bjork ou de Kate Bush. Mais toute l’assemblée n’est pas captivée par cette mise en bouche qui peut paraître un poil trop longue et léthargique par moments.
“We are Mogwai from Glasgow, Scotland”
À 20h50, les membres de MOGWAI foulent la scène du Casino De Paris. Leur dernière venue en France remonte à trois ans. Pas si lointain tout compte fait, surtout que la tournée avait été décalée à cause du virus-dont-on-ne-va-pas-prononcer-le-nom.
La mise en scène est simple, limpide. Aux projecteurs habituels s’ajoutent quelques néons qui viennent s’illuminer de couleurs vives et variées en fonction des titres. Un drapeau palestinien vient recouvrir un ampli. Sans autres fioritures. Le quintette (pour la tournée) ne s’autorise de démonstration vocale qu’en la personne de l’un de ses co-fondateurs, Stuart Braithwaite, qui remercie, sans profusion mais beaucoup d’entrain, le public parisien après chaque morceau. Laissons plutôt parler la musique.
Et la musique, elle parle. En particulier les morceaux issus de l’album The Bad Fire, que les natifs de Glasgow viennent justement défendre sur scène. La majorité de la setlist lui est consacrée. Intervient alors une ambiance feutrée, à grands renforts de synthés et d’effets électroniques. Des morceaux beaucoup plus planants que certains autres disques de la setlist, mais ce n’est pas pour nous déplaire.
Titanesque
Et lorsque le groupe plonge dans son large catalogue, l’on se souvient pourquoi ils sont considérés parmi les géants du post rock. Même lorsqu’il s’agit uniquement de poser des ambiances sans climax, Mogwai réussit à faire passer les émotions qu’il faut.
L’autre moitié du set est ainsi saupoudrée de titres de précédents album. “Drive The Nail” (As The Love Continues), “Kids Will Be Skeletons” (Happy Songs For Happy People), etc. Des prestations dantesques où les guitares et la basse résonnent fort. Les quelques titres joués juste avant le rappel font monter l’intensité au plus haut.
Mais ce n’est même pas le plus intense. Lorsque la formation revient après une minute de pause, c’est le dantesque titre de vingt minutes, “My Father My King”, qui clôt la soirée sur un climax intense et monumental. Que dire après cela ? La prestation minimaliste dans les gestes est maximale dans l’expression de la musique, et c’est bien tout ce que l’on demande. À part peut-être en redemander. Vivement la prochaine.
































